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Des gens : Laure GATET.

Par Nicole SARREAU.

Laure Constance Pierrette Gatet est née le 19 juillet 1913 à Boussac-Bourg (Creuse). Elle a fréquenté plusieurs établissements dans le Sud-ouest, notamment à Périgueux et à Bordeaux. Plusieurs récompenses lui sont décernées pendant sa scolarité. En février 1926, grâce à ses résultats au certificat d’études, elle se voit offrir une bicyclette par « la société des automobiles et cycles Peugeot ».

Le 11 juillet 1930, elle passe les séries A’ et B des ses premières épreuves du baccalauréat de l’université de Bordeaux avec la mention « assez bien ». en 1931, son succès à la deuxième partie du baccalauréat littéraire lui ouvre les portes de l’université. Elle part donc à la faculté bordelaise sans perdre contact avec le lycée de jeunes filles de Périgueux.
Laure Gatet décide de faire des études de pharmacie. Elle débute sa formation par un stage d’un an de juillet 1931 à octobre 1932 chez Mr Pasquet à la pharmacie centrale, place de la mairie à Périgueux. En l’absence de revenu, Laure Gatet doit être soutenue par sa famille et la fondation Schutznberger lui offre une bourse de 10 000 francs pour un an en 1938. Elle est ensuite subventionnée par le CNRS pour 12 500 francs et en 1940 elle reçoit à nouveau 12 500 francs. Grâce à René Fabre, elle obtient une bourse complète de 24 000 francs à partir de 1941.

laure

A Bordeaux, avant la seconde guerre mondiale, Laure milite dans un groupe dont beaucoup d’entre eux participent à un camp de vacances catholique (les Barégeois de Bordeaux) près de Barèges en soutien aux réfugiés de la Guerre d’Espagne. Le père Dieuzalde, chef de ce camp, cherche des moyens de résister ; elle assiste régulièrement aux réunions.
Laure est à Bordeaux aux côtés de sa tante lors du bombardement de minuit du 19 au 20 juin 1940 et retourne d’abord à Périgueux.
Elle revient habiter avec sa tante à Bordeaux quand l’occupation de la ville commence en octobre 1940. Elle s’engage alors dans la propagande.
En janvier 1941 elle intègre le réseau de résistance et de renseignements de la Confrérie Notre Dame, dont le chef est Jean Fleuret.

Sans que personne ne le sache, elle assume le rôle d’agent de liaison. Les renseignements recueillis « top secret » sont cachés dans des boîtes de poudre à récurer. Elle obtient un laissez-passer afin de pouvoir franchir la ligne de démarcation et rendre visite à ses parents à Périgueux. Elle est souvent fouillée, mais les allemands ne trouve jamais rien.

Chaque semaine, à Montpon, elle subissait une fouille complète. Et chaque semaine elle annonçait en souriant : « Ils n’ont rien trouvés ! »
Le 10 juin 1942, Laure Gatet et trente trois autres membres du réseau sont arrêtés. Pierre Cartaud, agent de liaison arrêté le 30 mai avoue sous la torture l’existence du réseau et donne des noms.

Il est 5 heures du matin quand trois officiers arrivent chez Laure ; ils fouillent la maison pendant 4 heures et l’arrêtent.

Elle est alors transférée à la caserne Boudet, puis au fort du Hâ à Bordeaux pendant trois jours. Malgré les interrogatoires, elle ne dénonce personne. La famille la cherche de prison en prison pour enfin savoir qu’elle est détenue à la prison de la santé à Paris. Ils pourront communiquer avec elle et lui envoyer des colis.
Le 12 octobre 1942 Laure est transférée à la prison de Fresnes d’où elle ne peut donner aucune nouvelle, puis au fort de Romainville le 12 janvier 1943.
Le 23 janvier 1943, avec 121 de ses compagnes de prison, elle est transférée au camp de Royallieu à Compiègne.
Dès le lendemain, 230 d’entre elles sont entassées aux côtés de 1 200 hommes déjà montés dans les wagons. Durant le voyage, ils vont souffrir du froid et de la faim. Les hommes sont descendus au camp d’Oranienburg, près de Berlin, les femmes poursuivent leur route vers la Pologne et Auschwitz.
A l’arrivée, laure Gatet et les autres femmes sont menées par les SS au camp de Birkenau. A leur entrée, sachant qu’elles ont peu de chance d’en ressortir, elles chantent « La Marseillaise ».

lycée
Laure est tatouée à l’avant-bras gauche sous le matricule 31833.

Elles sont ensuite mises en quarantaine au block 14, dispensées de corvées et donc sous-alimentées. Les dix prisonnières les plus âgées en meurent. Il y a ensuite la photographie anthropométrique. Les conditions de vie sont mauvaises et les communications avec l’extérieur rompues.
En 1943, une secrétaire passe dans les rangs pour recruter des biologistes, botaniste et chimiste pour un nouveau programme. Mais Laure, victime d’une dysenterie, meurt avant le lancement de ce programme, vers le 25 février, aucune lettre n’ayant été adressée à la famille pour confirmer cette date..

A la fin de la guerre, en avril 1945, la famille Gatet se rend à de nombreuses reprises à l’Hôtel Lutécia où arrivent les déportés survivants français.
L’acte de décès, établi plus tard l’est finalement le 19 décembre 1946 à Paris avec la mention « Mort Pour La France ».
Par décision du Général de Gaulle elle est décorée à titre posthume de la croix de guerre 1939-1945 avec palmes. Elle est élevée au grade de sous-lieutenant par le ministre de la guerre Coste-Floret le 24 mai 1947 et nommée chevalier de la Légion d’Honneur le 10 novembre 1955 par le Président Coty qui lui attribue également la médaille de la Résistance.

Depuis le 9 septembre 1992, la mention « mort en déportation »
est apposée sur l’acte de décès de Laure Gatet.

famille

La famille Malassenet-Gatet, vers 1912.

Debout de gauche à droite :

Laure Marie Malassenet, tante de Laure Gatet ;

Louis Eugène Gatet, père de Laure ;

Marguerite Agathe, mère de Laure Gatet.

Assis de gauche à droite :
Laure Marie Martin, épouse de Félix Malassenet et grand-mère maternelle de Laure ;
Félix Malassenet, grand-père maternel de Laure.

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